Dakar en chantier pour les joj

À quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 13 novembre, Dakar est un chantier à ciel ouvert. Accusées d’avoir pris du retard, les autorités ont entamé une course contre la montre pour finaliser les infrastructures dédiées.

Les propos de Amadou Diene

Pour Cheikhou Amadou Diène, agent municipal et contrôleur des travaux, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif. «L’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse est une bonne chose pour Dakar. Elle permet à nos infrastructures de retrouver une seconde jeunesse. Les routes, les stades, la piscine olympique: tout est réfectionné. Cela offrira aux athlètes de très bonnes conditions de compétition», explique-t-il.Selon lui, l’ensemble des communes concernées bénéficiera durablement de ces investissements.Mais ces travaux d’envergure ne font pas que des heureux. Aux abords du stade Iba Mar Diop, à la Médina, certains habitants et commerçants dénoncent les désagréments dus aux chantiers.

"Dakar,correspondance"

- Moustapha Cissé

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse, Dakar entre ordre urbain et tensions sociales

Les déviations sur certains tronçons font baisser la fréquentation des commerces, source de pertes financières. «Nous, les marchands, sommes impactés. Les clients ne font pas toujours le détour pour venir jusqu’ici. C’est compliqué et nous subissons la situation. Nous demandons simplement que les travaux soient achevés rapidement et que nous ne soyons pas oubliés», témoigne Elimane Faye, marchand ambulant.Entre nuisances temporaires et promesses de retombées économiques, la capitale vit au rythme des grues et des marteaux piqueurs. Certains commerçants profitent déjà de l’activité générée par les chantiers, tandis que d’autres peinent à maintenir leur chiffre d’affaires.

Dakar. «Nous n’avons nulle part où aller»: rappellent à l’envi les expulsés de la voie publique

Il faut dire que Dakar, sous l’effet combiné de l’exode rural et de l’arrivée de populations étrangères, est devenue non seulement surpeuplée, mais a également perdu de sa superbe. Les installations anarchiques se sont multipliées, ternissant l’image de la capitale à l’heure où le monde s’apprête à poser les yeux sur elle.Pour Papa Lamine Basse, le constat est sans appel. «Dakar était autrefois une capitale citée en référence. Chacun rêvait d’y vivre. Aujourd’hui, à cause de la mauvaise image qu’elle renvoie, les citadins d’hier quittent même la ville pour s’installer à la campagne, où il y a plus de tranquillité. Il faut changer de comportement. J’encourage l’État à poursuivre dans cette voie et je suis convaincu qu’avant les Jeux olympiques de la jeunesse, l’ordre sera rétabli», soutient-il.